René Caussanel, « portraits/portraits, un village /une vie »

Exposition temporaire du 9 décembre 2017 au 4 mars 2018

Cette exposition présente des portraits dessinés de René Caussanel, une rétrospective de plus de 300 feuilles, un ensemble qui lui est cher et qu’il souhaitait exposer depuis longtemps.

René Caussanel est connu pour son œuvre de peintre qu’il présenta à la Maison des Arts Georges Pompidou à Cajarc en 2010 : un ensemble de gouaches sur papier de grand format, des compositions de corps ou de fragments de corps, d’objets agrandis, comme des formes en contrejour sur un fond égal, clair ou de couleur vive : des bleus, des orange, des verts, des jaunes. Caussanel travaille d’après ce qu’il voit, il y tient ; il dit que c’est un tout, quoique par nature inachevable.

René Caussanel pratique le dessin depuis toujours, quelques paysages, des natures mortes, mais surtout le portrait de manière compulsive. Cela commence par des portraits de proches, sa famille, ses compagnes, ses amis. On pourrait aussi parler de portrait de commande –il aime se comparer à un écrivain public- et évidemment de l’autoportrait qu’il a multiplié comme un exercice d’introspection. Le portrait est une forme d’eschatologie, une réflexion fugitive ou insistante sur notre devenir. L’Autoportrait avec squelette, une huile du grand artiste allemand Lovis Corinth, le dit avec réalisme et humour (1896 - Lenbachhaus Munich). Rencontrer les autres, c’est se rencontrer soi-même, dépasser le miroir.

Les portraits de René Caussanel aussi divergents soient-ils composent un sorte d’autoportrait.

Le catalogue publié par cannibale édition exprime une partie majeure de l’exposition du musée Denys-Puech, « portraits / portraits, un village / une vie » dans le sens où sont reproduits pour la première fois les 228 portraits des habitants de la commune de La Capelle-Balaguier, réalisés durant une année pleine essentiellement 2015. Méthodiquement et avec beaucoup de respect, Caussanel les a portraiturés. C’est une expérience unique que de voir tous les gens de son entourage, installés feuille à feuille comme un panoramique dans la salle d’exposition. Il y règne de l’émotion, de la rigueur et certain vertige. Tous les dessins sont dressés au crayon graphite sur une feuille de bloc papier canson : dimensions identique. Derrière les traits se niche l’âme de ces gens si différents, vieux et jeunes, actifs ou à la maison, un portrait de famille en somme. Chaque modèle a posé simplement, sans apprêts, dans son intérieur familier.

C’est à notre connaissance le premier inventaire dessiné mené de manière systématique de la population d’une commune aveyronnaise. La valeur affective et expressive de cet ensemble déborde bien entendu de son intérêt documentaire.

L’exposition, outre les habitants de la Capelle, présente des portraits réalisés par Caussanel depuis son plus jeune âge, sa grand-mère sur son lit de mort, des comédiens, des auteurs, jusqu’à nos jours, d’autres portraits d’amis artistes, de sa famille… Dans les portraits remarquables au crayon, à peine biffés à la gomme, relevons ceux de la clinique de La Borde, une série prêtée par le Centre d’art de Sérignan. Les portraits de ces pensionnaires sont justes, naturalistes et humains : on est loin de Charcot et de Duchenne de Boulogne, qui voyaient dans ce qu’on appelait la folie, une terra incognita et un sujet d’étude. Le portrait est ici un onguent. C’est aussi sa fonctionnalité sociale.


René Caussanel, « portraits/portraits, un village /une vie »
René Caussanel,
« portraits/portraits, un village /une vie »

Le musée

Dès 1903, le sculpteur Denys Puech forme le projet de réaliser à Rodez "un sanctuaire de l'art Aveyronnais". Après avoir offert à la Ville un fonds important de sculptures et de dessins, il convainc ses amis, le peintre orientaliste Maurice Bompard (1857-1935) et le graveur Eugène Viala (1858-1913), de faire don de quelques-unes de leurs œuvres pour constituer les collections du futur musée. En accord avec l’artiste, l'architecte André Boyer dessine les plans du musée. Une façade rythmée par de larges baies vitrées destinées à éclairer le rez-de-chaussée abrite la sculpture. Un escalier monumental mène à l'étage vers la salle initialement destinée aux peintures. Le musée est inauguré en 1911.

Né en 1854 et mort en 1942, Denys Puech a traversé deux siècles. Durant toute sa carrière il conserve un style académique très conventionnel, en marge des courants artistiques qui révolutionnent l'art de son temps. Grand Prix de Rome et fort célèbre de son vivant, il est l'un des sculpteurs officiels de la IIIe République. Ses représentations féminines, caractérisées par une posture alanguie, la tête inclinée laissant s'échapper en vagues une chevelure abondante, sont souvent empreintes d'une grande mélancolie. Il était également renommé pour ses portraits.

Depuis 1987, le musée Denys-Puech s'ouvre à la création contemporaine. En 1989, François Morellet réalise sur les façades Nord et Sud des "intégrations" qui commentent discrètement l'architecture de Denys Puech. Depuis 2005, six chiens jaunes de l'artiste Aurèle s’exposent sur la façade du musée. Les expositions contemporaines permettent également d’accueillir très régulièrement des artistes contemporains pour des créations in situ.

La muse - musée Denys Puech
Denys Puech (1854-1942)
La muse d’André Chénier, 1888
sculpture (marbre)
Collection Musée Denys-Puech

Accès, contact et horaires

Musée Denys-Puech
place Georges-Clémenceau 12000 Rodez

Tél. 05 65 77 89 60
museedenyspuech@agglo-grandrodez.fr

Le musée est ouvert en accès libre,

  • du 1er juillet au 31 août : du mardi au dimanche de 14h à 19h
  • du 1er septembre au 30 juin : du mercredi au dimanche de 14h à 18h

et fermé au public le 1er janvier, 1er mai et 1er novembre et 25 décembre.

Entrée libre