Exposition temporaire :
Le Terrain

22 octobre -
5 mars 2022

Sur le causse de Limogne-en-Quercy, Roger Rousseau creuse le sol pendant 25 ans. Il révèle et aménage un espace d’environ 1000m2 qu’il nomme « le terrain ». En dégageant la structure rocheuse enfouie, il ouvre une réflexion sur la condition humaine à un moment critique dans nos façons d’habiter la terre.

Présentation de l'exposition

Roger Rousseau, Alexandra Pouzet, Bruno Almosnino
Pierres, photographies, textes
Avec une création sonore de Jehanne Cretin-Maitenaz

Cette exposition présente, sous la forme de textes, de photographies, de pierres, d’artefacts et de sons, quelques-unes des questions que ce lieu, subversif et bouleversant, soulève.

Roger Rousseau s’est lancé dans une œuvre solitaire monumentale, un geste de sculpteur et de bâtisseur qui est aussi une démarche profonde sur le sens de l’existence. Mettant au jour les structures calcaires du Jurassique qui constituent le sol, il invente et architecture (cour, enceinte, murs, escaliers, couloirs, sièges, plateforme) « le terrain » : un lieu singulier, une expérience visuelle et physique avec le minéral et le géologique, un lieu de mémoire, d’imaginations et de réflexions. On ne sait pas bien devant quoi l’on se tient : de quelle époque s’agit-il ? Pourquoi est-ce si émouvant ?

Homme aux savoirs et compétences techniques poussées, ancien éducateur spécialisé, Roger Rousseau ne cesse d’expliquer sa position, comprenant l’enjeu délicat et magnifique que représente la transmission du terrain.

affiche de l'exposition Le Terrain

À Rodez, au Musée Denys Puech et au Musée Fenaille, les artistes évoluent selon la spécificité des deux lieux. À Denys Puech, on invite à découvrir le terrain de Roger Rousseau par le regard artistique d’Alexandra Pouzet et la narration de Bruno Almosnino, portés par ce double mouvement du lieu, réel et imaginaire. En parallèle, à Fenaille, des vitrines présentant des pièces provenant du terrain – pierres polies par Roger, pierres brutes, artefacts, tirages photographiques sculptés – entrent en dialogue avec la collection permanente. Par les images, les écritures de la matière, la projection spéculaire,  les auteurs pointent des correspondances et racontent un récit mythique au présent.  Le biographique se mêle au géologique. Roger parle de relation première à la pierre, de vivre en participation avec un lieu, de situer ses gestes dans un appauvrissement des moyens mis au service d’un mouvement vital.

Avec 4 créations sonores réalisées par Jehanne Cretin-Maitenaz entre l’été 2020 et l’été 2021, dans lesquelles Roger Rousseau évoque la question d’habiter le terrain, sous le gouvernement des pierres qui imposent leur rythme­.

Les auteur.e.s

Roger ROUSSEAU
(1943), vit dans le Lot

Carrière dans l’éducation spécialisée auprès de psychotiques. Une vie riche d’expériences poussées. Le bucheronnage, l’architecture, le dressage de chevaux, la sculpture, la gravure, le jardin, la pensée, la réparation. En 1995 il acquiert une parcelle sur une commune des causses du Quercy, dévoile les pierres affleurantes enfouies et invente le Terrain.

Jehanne CRETIN-MAITENAZ
(1992), vit à Clermont-Ferrand

Réalisatrice de documentaires sonores, de bandes sons pour différents spectacles (théâtre, arts vivants), d’un premier film, Travance, 2020. Formée au Credoc à Angoulême, diplômée en électroacoustique, investie dans le milieu des radios associatives, elle participe à plusieurs créations (écriture, plateau, régie, musique, montage). Elle a participé́ à l’enquête documentaire du spectacle Vives à Sevran (2018) pour la compagnie le GDRA où ils se rencontrent avec Alexandra Pouzet et Bruno Almosnino.

Alexandra POUZET
(1975), vit dans le Lot

Bruno ALMOSNINO
(1974), vit dans le Lot

travaillent en binôme depuis 2016 en mêlant photographies et textes.

Elle, est artiste photographe depuis 20 ans, jeunement diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie, Arles (2020). Elle montre son travail en France, le plus près possible de chez elle, quelque fois à l’étranger. Ses enquêtes photographiques ont intégré́ les collections du CNAP, des FRAC, de la BNF, et d’artothèques. Elle intervient régulièrement dans le cadre de workshops, passe du temps en résidence de créations, s’intéresse à l’expérience habitante, découvre le sol, vit dans le Lot. Elle vient des lettres modernes, de la philosophie, de la parole rapportée en radio libre, des cours du soir aux Beaux-arts, d’Algérie et du Poitou.

Lui, est diplômé́ en Histoire et en anthropologie, est ethnologue de formation, artiste auteur depuis 6 ans et attaché aux façons d’épuiser la connaissance d’un territoire, si microscopique soit-il. Il collabore avec des plasticiens, une compagnie de théâtre documentaire, pour des revues. Il réfléchit aux forces qui comptent, aux gestes de soins, aux fables, dans une économie et une écologie de moyens. Son travail est régulièrement exposé, il fait partie de la collection du FNAC et a été́ édité́ à la Martinière ou au Bec en l’air. Il vient de Tarbes, d’une petite communauté́ aux liens fragiles et sacrées, de l’oralité́, d’Algérie et du Lot. Il suit pour les deux années à venir (2022-2024) le master écopoétique et création (Université́ Aix-Marseille).